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                                        Sur les traces de Je, être de passage - Vers la disparaissance

                                        Clément Demay

                                        (Mémoire DNSEP / Master ART - ESAL Metz, 2016 - 2017)

            Sur les traces de Je, être de passage - vers la disparaissance propose une réflexion sur le fait d’être corps, autrement dit habiter son propre corps, son premier instrument, fini, imparfait, mais aussi (co)habiter les autres espaces qui se succèdent au fil du temps, ces espaces communs, publics ou privés, matériels ou immatériels. Dans ces espaces, le corps se montre plus ou moins « présent » selon sa capacité / volonté à s’ y déployer.

 

S’ensuit une réflexion sur comment il s’y situe et s’ approprie » ces espaces, ces moments, en y voyageant, accumulant et stockant des « données », parfois des fragments, à préserver ou à diffuser.

 

Y sont donc évoqués ses souvenirs, ses oublis, sa manière / ses moyens pour les conserver comme il se doit, la perception qu’il en a qui se modifie avec le temps, et donc son besoin de se mouvoir, pour parfois bouleverser et reconstruire ses acquis.

Or petit à petit, devant la saturation, l’excés de présence, l’immobilité, le corps va redéfinir ses priorités en ré-accordant de la valeur au vide, à l’absence, à l’éphémère, au mouvement, et à la disparition par le biais de la « disparaissance » (disparition + naissance/croissance).

 

Sur les traces de Je, être de passage - vers la disparaissance assemble et fait dialoguer des textes conçus à partir de notes et des récits plus ou moins fictifs retranscrivant des fragments de vie d’un certain personnage mystérieux, se nommant Je, qui vit et observe son habitat, sa façon d’être, avec petit à petit des envies de changement, de mouvement, de renouveau.

Sur les traces de Je, être de passage - Vers la disparaissance, 2017

Confinement : Jour J, habitat de Je, 2020

(Appel à partage d’une image pour la création
d’un affichage dans l’espace public et d’une édition /

Direction de l’Action Culturelle de la Ville de Thionville / PUZZLE)

 

 

(Thématique : intérieur / extérieur)

                     

                    "Le confinement étant déclaré, Je reste chez lui et se questionne, sur le cadre de son habitat, espace à animer, à ranger, à combler.
Il s'interroge aussi sur son cadrage du temps, ses horaires, ses repères, ses limites.

Les volets s'ouvrent et se ferment, tout comme ses livres , son ordinateur, tandis que assiettes et tasses se remplissent et se vident.
Les habitudes changent, Je s'adapte et ce qui l'entoure avec lui.
Cet espace se ré-aménage au fil du temps, tout comme sa sensation de le parcourir.
Constamment "présent" in situ, Je réalise-t-il la valeur de cette présence dans et pour son espace ? Une fiction ? Une construction ?
Il prend parfois le temps d'en observer le reflet, puis se reprojette dans les écrans, les livres, par les fenêtres, jour après jour, chaque jour étant en soi une conclusion et une introduction pour le prochain, chaque jour pouvant être un jour J."

Confinement : Jour J, habitat de Je, 2020
Confinement_Jour_J_habitat_de_Je_Clement

                                   Regard-sur-rails, 2016

Dans ce chapitre, un personnage s'intitulant Je vous raconte ses voyages en train, ce qu'il y voit, à quoi il pense. Profitant de ces voyages pour ne penser qu'au moment présent et mettre de côté ses tracas du moment, il se met à écrire en observant ses alentours.

 

Nous sommes tous Je, à observer et constamment penser à notre environnement et à nos potentiels « échanges », nos moyens

d' «habiter».

 

On tente de comprendre, de cerner le peu d'espace que l'on perçoit, on profite de moments « vides », d'attente, pour essayer de
poser un regard sur quelque chose, en mouvement ou fixe.

 

En l'occurrence, lors d'un voyage en train, nous voyageons à grande vitesse mais les corps de tous ses participants restent immobiles, à contempler les autres, le paysage qui défile comme il ne peut le faire qu'à travers la fenêtre d'un train.

 

Dans ce mouvement, dans cette attente, dans cette latence, Je observe, tente de décrire et de garder par l'écriture tous ces fragments
d'évènements qu'il peut capter autour de lui, et en finit par se questionner sur sa propre situation : celle d'un corps qui voyage, qui avance, qui pense mais aussi un corps immobile, qui contemple.

 

 

Train 7415 Place n°21 (1/2)
Les yeux de Je clignent, voient que les lumières clignotent, que les gens sont assis,
que certains bougent, que d'autres restent fixes, que d'autres dorment, et son regard voyage,

il traverse la voiture, il traverse la vitre, il se projette dans le paysage, il l'explore,
il accélère, il court après le train, il rattrape le corps, le corps reste immobile.
Il fait à présent nuit et on ne percoit plus l'extérieur et donc on n'a plus l'impression que

le train bouge mais plutôt que le temps est suspendu et que l'heure passe doucement, mollement

alors qu'au plafond, l'alignement de lumières dont s'empare le regard semble plus lumineux

accentuant la profondeur de la voiture.
Le train s'arrête et se vide petit à petit. De moins en moins de bruits et de dialogues,

cela laisse grande place à l'apaisement ou plutôt à l'impatience que la machine redémarre.

La sonnerie de départ retentit, il entend la porte qui se ferme sans la voir, il entend

à nouveau le bruit des rails, il observe le défilement des lampadaires,

les lampadaires défilent,

les lampadaires forment une sorte de partition.
L'ennui apparaît,

l'ennui pousse,

pousse aux relectures,

aux relectures de textes,

aux relectures de musiques,

au sentiment de déjà vu,

ce sentiment devenant inconfortable,

Je a envie d'arriver,

a envie de bouger,

il se dit à quoi bon,

il restera sur place.
Tout le monde est seul,

quoiqu'il y a quelques groupes,

quelques groupes se font entendre,
la voisine réalise,

elle réalise les mêmes gestes,

les mêmes gestes se répètent,

elle vérifie son portable,

son portable qu'elle dérange,

elle boit,

elle semble le regarder,

elle semble intriguée,

elle semble impatiente.

Mais lui ne se sent pas,

il ne se sent pas observé,

il se sent,

il se sent observateur.
Il semble faire sombre,

il semble faire soudain trop lumineux,

le son fait sa ré-apparition,
la sonnerie se montre,

le contrôleur nous envoie son discours machinal,

son discours surentendu,
son discours prévisible,

il ne regarde pas sa voix,

il sait d'où elle vient,

il sait de qui elle vient,

les voix lointaines des groupes la surpassent,

elles prennent le pas,

elles résonnent.

 

 

Train 7415 Place n°21 (2/2)
C'est le dernier arrêt qui paraît le plus long et Je ne tient surtout pas

à le chronométrer car à quoi bon pensait-il si ce n'est visualiser le lourd temps qui s'éternise
tandis qu'il entend le moteur se couper, ce qui provoque un gros silence en attendant

une sonnerie qui introduit une fois de plus le discours destiné à parvenir auprès de ceux qui
viennent de monter alors que des rires bêtes résonnent provenant de ceux qui se croient
forcés de parler pour renforcer leur soi disant humour.
Voie n°3, train n°7415, voiture n°12, place n°21 à laquelle il pense à toutes les voitures

qui ont cette place dans tous les trains qui ont cette voiture sur toutes les voies qui ont un train
dans toutes les gares qui ont des voies.
Combien sommes-nous en ce moment précis à voyager en train et combien pensent à nous
c'est-à-dire notre communauté mouvante de voyageurs, qui augmente, qui diminue,

qui remplit et qui vide ces embarcations ?

C'est au moins la énième fois que Je prend le train et
peut-être une des premières fois qu'il pense à cela en se demandant ensuite à la raison

qui lui a poussé à y penser. A quoi bon ?
Dans tous les cas, on a payé,

dans tous les cas on veut avancer,

dans tous les cas on veut rentrer plus vite,

on veut pouvoir se réfugier,

on veut une lumière plus atténuée,

on veut être épargné,

on ne veut plus être exposé.
En attendant, on attend,

en attendant on scrute cette fenêtre,

on scrute ce miroir,

on devient comme actif, comme observateur attentif,

attentif à notre reflet,

attentif à notre situation passive.
Je ne sait plus l'heure de départ,

ne sait plus le temps,

il sait qu'il est immobile,

il sait qu'il attend,

il sait qu'il écrit.

 

 

Train 7173 Place n°56
Tout défile, les bâtiments, les arbres. Pas le temps de profiter,

pas la volonté non plus, il faut avancer !

Je n'accepte plus les ralentissements, impatient, contemplant
le mouvement même et s'imaginant assez naïvement que tout ce qu'il voit défiler finit
entassé après le passage du train.
Graffitis,

herbes qui poussent sur les rails,

trains de marchandises,

nuages,

ponts,

tours,
arbres,

champ,

camionnettes,

route,

village,

église,

grange,

ferme,

ballots,

forêts,

arbres,
rond point,

nuages,

feuilles,

briques,

jardin,

potager,

cheval,

grange,

maison neuve,

maisons vieilles,

arbres,

briques,

nuages,

feuilles,

pont,

autres rails,

tags,

château d'eau,

bâtiments abandonnés,

tour..
Soudain, la voix de l'hôtesse fait son apparition, puisque nous arrivons en gare.

Gare en briques, préau,

et sur le quai, le nom de la ville, le numéro de la voie,

la lettre du repère de la voie,

le message de prévention pour la bordure du quai ainsi qu'une horloge.
Je redevient immobile, contraint de voir ce qu'il a devant lui, des gens en mouvement

dans une image à présent arrêtée.

A quoi bon vouloir les photographier ? Ce serait des fragments de fragments,

des fragments de quelque chose,

quelque chose qu'on ne peut figer,

qui se perçoit dans le mouvement, dans le déplacement.

Alors pourquoi ?

Pourquoi est-il poussé à écrire à ce propos ?
Une fille sort,

un homme monte,

des hommes sortent,

puis un jeune,

puis une,

et puis bien d'autres finalement, tous disparaissant de son champ de vision.

Les lampadaires s'allument,

s'allument mais ne servent pas encore à grand chose.

Le soleil fait encore des apparitions entre deux nuages,

eux-mêmes entre deux bâtiments.

On peut le voir mais lui ne nous vise plus.

Sur le quai, des parents suivent au siège près leur fils trentenaire

qui vient de monter et dont ils n'ont pas l'air habitué à voir partir..
Ils attendent son départ,

attendent en le fixant avec une certaine inquiétude,

cette inquiétude qui ne peut l'empêcher de partir,

partir pour rentrer ou partir voyager,

en tout cas sûrement partir de chez eux,

alors que eux restent, attendent le départ du train

dont l'arrêt s'éternise,

les fige et semble les faire devenir impatients.
Je en l'observant se mît à s'imaginer prendre un train sans prévenir de son départ,

sans même savoir où celui-ci l'emmènera.

Ou alors un ticket de train,

un ticket qui lui serait offert,

condition et prétexte pour un départ,

un départ qui l'engagerait dans un voyage,

un voyage dont il ne connaîtrait que la ville où il se trouve et non l'arrivée,

et non le temps de trajet.

Il pourra ainsi flâner, le corps immobile.

 

 

Train 7163 Place n°51 (1/2)
La lumière est claire, comme chaque matin de cette saison

et le silence auquel Je se doit d'être à présent disciple,

retranscrit le vide qu'il voit,

et qui amplifie la rapidité du véhicule.

Mais cette fois, la musique finira par l'accompagner pendant ce trajet,

comme elle le pourra car bien qu'il ne fasse en sorte de toujours l'avoir avec lui,

celle-ci finit toujours par tourner assez vite en rond.

Il y a peu de passages dans le train,

train qui semble léger,
qui semble en lévitation, plus contraint à la gravité.
Les lumières intérieures restent allumées,

allumées alors qu'en plein jour nous sommes,

en plein jour nous circulons,

en plein jour éclairés de lumières intérieures.
La fille à sa gauche, jeune,

toute vêtue de noir,

est on ne peut plus calme,

on ne peut plus mystérieuse,

assez sombre même,

assez accro à son portable,

portable dont elle ne peut se passer,

peut-être en attente d'un message d'un de ses proches ou alors

juste pour passer le temps,

le temps qui s'allonge,

le temps qui dure,

ce qui a l'air plus probable.
Un gobelet a été déposé sur une étagère au dessus des sièges.

A part quelques éléments comme ce gobelet ou des tickets abandonnés

par leur unique et temporaire propriétaire
qui traînent, peu de choses se déroulent,

apparaissent,

disparaissent,

tout reste.

Tout attend.

 

Train 7163 Place n°51 (2/2)
Je ne peut s'empêcher de surveiller sa valise,

posée dans le couloir,

importante aujourd'hui car lourde,

lourde car remplie,

remplie notamment de ses vêtements,

de son ordinateur,

de son appareil photo.

De toute façon cette pesante lourdeur qui la cloue sur sa place

dissuadera quiconque désireux de la manipuler.

A priori, elle ne bougera pas,

coincée dans son coin.

De l'autre côté, de l'autre côté de la fenêtre,

le paysage est en majorité fait de briques et d'arbres.

Peu de choses qui interpellent,

peu de choses à en retenir.
Le mouvement les balaie et nous dirige dans la direction

toute tracée de notre libération de ce qui commence à nous paraître étouffant.

Je a besoin de vide,

de champs,

d'horizon.
Ce vide, imperturbablement présent à l'intérieur du train,

permet d'observer la symétrie des éléments du train :

les lampes,

les sièges,

le plafond,

les étagères,

que peu de gens aujourd'hui viennent à utiliser.
Un homme à l'opposé passe le temps en discutant,

la deuxième personne n'est pas visible.
Trop loins pour être écoutés, ils ne parlent,

ils ne parlent pas très fort.

Cette scène n'aura pas été d'une grande et importante longueur dans le trajet.
La fille d'à côté demande la place pour se lever et partir,

partir plus tôt,

partir avant que le train n'arrive,

se préparer avant que le train n'arrive.

Première et dernière fois qu'elle et lui se parlent alors qu'il s'attendait à la ressentir désagréable.

Ce qui ne fût pas du tout le cas.
Bientôt arrivé, un bâtiment tout neuf mais encore en travaux passe,

comme pour nous annoncer notre entrée en ville.

Nous approchons du centre ville, et pourtant il ne reconnait plus le paysage,

au point de s'y sentir étranger.
Dans cette ville où il aura habité 3 ans, beaucoup de choses seront à présent,

seront à redécouvrir.

 

 

Train n 2881 Place n°74 (1/2)

Dans la rangée de sièges, nous sommes 5,

2 en face de Je,

1 à sa gauche,

1 à la gauche de celle-ci,

en tout 3 ont des écouteurs.

Quant à lui, pas de sons si ce n est le vent,

ce qui n'est pas rien.

Il finit par les rejoindre, sort ses écouteurs,

besoin de sons,

besoin d'agitation,

besoin de stimulation.
Un homme rentre, derrière lui, un autre semble plus hésitant

avant de pénétrer dans la voiture qu'il finit par rapidement traverser.

La femme sans écouteurs se prend en selfie.
Au bord de la voiture, près de la porte, un homme dort,

au dessus de lui le schéma du trajet sur un écran,

qui se remplit au fur et à mesure de notre avancée.

A l'arrivée, le dessin sera rempli.

Cet écran affiche également la vitesse : 317km h environ,

315,

311,

314,

320,

319,
318.

Nous sommes également tenus informés de l'heure : 18h29,

et nous est même rappelé notre numéro de voiture : n°15.

Un homme avec des écouteurs trouve également sommeil,
comme anesthésié par ce qu'il écoute,

la fille en face de Je est pensive,

mais toujours moins passive que celle à côté d'elle.

Un livre est posé sur la table, à côté de son ticket.
Derrière elles, un manteau dépasse d'un autre siège,

mais pas son propriétaire, qui ne sera donc pas mentionné dans ce récit.
Au dessus de nous, des étagères très peu investies,

quelques vestes s'étendent jusqu'à faire dépasser une manche,

une beige, plus loin dans un coin une noire.
L'homme aux écouteurs qui dormait redresse à présent la tête

tandis que celle de l'autre homme sous l'écran s'est inclinée et se redresse légèrement,

une personne vient de traverser furtivement la voiture

au point que Je n'a eu que le temps d'entendre la porte se fermer derrière lui.

Les deux filles se remettent à pianoter leurs portables.

Un homme rentre,

son fils aussi puisqu'il dort dans ses bras.

Nous en sommes à peu près à la moitié du trajet selon le schéma.

La femme d'à côté qui était la seule à ne pas avoir d'écouteurs

et qui se prenait en selfie s'est mise à lire, probablement un roman.

 

 

Train n 2881 Place n°74 (2/2)
Dehors aucune lumière,

le néant,

quelques petites villes, un bâtiment au loin.
Je ne sait pas où il est mais tant qu'il avance,

il ne s en fait pas.

Le train se met à passer sous un tunnel,

enchaînement de lumières,

il en ressort après quelques secondes.
Dans le couloir,

le contrôleur s'apprête à rentrer,

tapote sa machine,

hésitant,

l'homme aux écouteurs qui auparavant dormait

pour ensuite se réveiller en inclinant la tête s'est une nouvelle fois réveillé

et balade son regard pour ensuite repartir dans son sommeil,

dont il a l'air d'avoir besoin.

Le contrôleur parle à une personne assise,

dont Je ne voit que les mains bouger,

personne assise mais à priori inconfortable

car sans doute sans ticket à en juger la tête de l'agent.

Celui-ci entre et annonce son passage,

ce qui a pour effet de réveiller tout le monde.

Cela fonctionne, bien joué Monsieur le contrôleur,

tout le monde se réveille,

s'active et s'empresse de chercher son titre,

très peu ayant l'habitude de le sortir avant ou de ne pas le ranger.

Si il n'y a pas de contrôle, ce n'est pas plus mal,

bien qu'on puisse avoir acheté ce fameux titre de transport.
Pendant ce temps-là,

la femme qui s'occupe de la voiture bar prend le micro,

prend la parole,

propose une vente de tickets de métro,

mais personne ne réagit,

personne n'en a besoin.

Une fois contrôlé, Je relance son regard encore quelques minutes,

au dessus de lui,
le numéro de la place est écrit sur un petit écran

d'une taille approximative à une touche de clavier,

puis une deuxième fois juste à côté sur une petite étiquette imprimée,

collée.
Les gens derrière lui salue un a un le contrôleur

qui change à présent de voiture,

nous n'en sommes qu'au 2/3 du trajet.

Regard-sur-rails, 2016

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